Réalisateur, scénariste et producteur français né le 25 avril 1941 à Lyon.
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Fils de l'écrivain et résistant René Tavernier, le jeune Bertrand découvre le cinéma lors d'un séjour en sanatorium. Monté à Paris après-guerre, il y a pour camarade de lycée
Volker Schlöndorff, qui lui fait connaître la Cinémathèque de la rue d'ULM. En cet âge d'or de la cinéphilie, il cofonde le ciné-club Nickel-Odeon, et collabore bientôt à différentes revues, notamment aux grandes rivales que sont les
Cahiers et Positif. En 1961, il travaille comme attaché de presse auprès de
Georges de Beauregard, le producteur de la Nouvelle vague, grâce auquel il réalise ses premiers courts-métrages,
Le Baiser de Judas et
Une chance explosive, dans le cadre des films à sketchs
Les Baisers et
La Chance et l'amour, sortis en 1964. Après avoir poursuivi, en indépendant, son activité d'attaché de presse, il est coscénariste pour
Riccardo Freda, un cinéaste qu'il remplacera, 25 ans plus tard, sur le tournage de
La Fille de d'Artagnan.
C'est seulement en 1973 qu'il tourne, dans le Lyon de son enfance, son premier long-métrage,
L' Horloger de Saint-Paul, adapté de l'oeuvre de Simenon. Ce polar aux accents sociaux, récompensé par le Prix Louis-Delluc et l'Ours d'argent à Berlin, marque aussi sa rencontre avec
Philippe Noiret, qui deviendra son acteur-fétiche. Dès ses débuts, l'éclectique Tavernier alterne films d'époque (
Que la fête commence, pour lequel il décroche le César du Meilleur réalisateur et du Meilleur scénario en 1976) et oeuvres contemporaines;
Une semaine de vacances, en affichant une prédilection pour les sujets de société : il tourne en 1977
Le Juge et l'Assassin, réflexion sur les institutions et leurs excès répressifs avec un
Michel Galabru inattendu, puis en 1980
La Mort en direct, analyse prémonitoire des dérives de la télévision.
Imprégné de culture américaine -il est le co-auteur d'un dictionnaire de référence sur le cinéma d'outre-Atlantique-, Bertrand Tavernier adapte en 1980 un roman grinçant de Jim Thompson en resituant l'action dans l'Afrique coloniale (
Coup de torchon), puis signe
Autour de minuit, lettre d'amour au jazz. Si
La Passion Béatrice a pour cadre la Guerre de Cent ans, ce sont des conflits plus contemporains qui hantent bientôt l'oeuvre du cinéaste : la Première Guerre mondiale dans
La Vie et rien d'autre (1989) puis
Capitaine Conan (1996), la Guerre d'Algérie dans le documentaire
La Guerre sans nom, et l'Occupation dans
Laissez-passer (2003), qui le voit également s'interroger sur son métier de cinéaste. Dans une veine plus intimiste, il tourne
Un dimanche à la campagne, Prix de la mise en scène à Cannes en 1984, et
Daddy Nostalgie, deux films tendres et pudiques sur les rapports filiaux, un thème qui lui est cher depuis son premier opus.
Dans les années 90, Bertrand Tavernier, qui déclara au critique Jean-Luc Douin que "les cinéastes sont des sismographes de leur époque", continue d'ausculter la société : dépeignant avec réalisme le quotidien des flics de la Brigade des stups dans
L 627 et celui d'un instituteur du Nord de la France, incarné par
Philippe Torreton, dans
Ça commence aujourd'hui, il reçoit en 1995 l'Ours d'or à Berlin pour
L'Appât, constat alarmant sur la violence d'une jeunesse désorientée. Très au fait des dossiers qui agitent sa profession, de la défense de l'exception culturelle au combat contre la censure, le cinéaste s'engage sur bien d'autres fronts, comme vient encore en témoigner
le documentaire sur la double peine qu'il signe avec son fils
Nils. C'est en revanche avec sa fille
Tiffany qu'il co-écrit
Holy Lola (2004), exploration de l'univers de l'adoption dans un pays meurtri, le Cambodge, mais aussi, pour la première fois dans l'oeuvre du cinéaste, portrait sensible d'un couple d'aujourd'hui.
Source : www.allocine.frVoyez les films de
Bertrand Tavernier, disponibles au
Superclub Vidéodan.
Holy Lola 2004
Laissez-passer 2001
Ça commence aujourd'hui 1999
L'appât 1995
Fille de d'Artagnan (La) 1994
Que la fête commence 1975